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Par Mathieu Becker, gérant-fondateur d’Isogeo, membre du conseil d’administration de l’Afigeo (pôle Entreprises-Industries) et Hervé Halbout, Consultant expert SIG et 3D (Halbout Consultants)

Le secteur des données géographiques a profondément évolué ces dernières années : explosion du nombre de données (Big Data), apparition de nouveaux formats, norme ISO, directive INSPIRE, données publiques (Open Data) et besoin grandissant d’échanges et de partage. Face à ces changements, les administrateurs SIG doivent relever de nouveaux défis. Cela passe nécessairement par un catalogue de données SIG exhaustif, à jour et documenté. Il devient ainsi un véritable outil de gestion pour piloter le SIG.

Un environnement changeant, de nouveaux défis

La particularité des SIG de décomposer un environnement complexe en couches d’informations distinctes a pour conséquence la multiplication des informations descriptives. Le nombre de formats et l’accès simplifié aux outils d’édition alimentent de manière exponentielle les bases de données. De plus, le patrimoine de ces données tend à se diversifier au niveau des supports, sous forme de fichiers, de base de données spatiales ou non et dernièrement de services web ; tout cela sur un fond d’échange et de partage désormais revendiqué mais non encore assumé.

L’environnement d’une donnée géographique a beaucoup évolué ces dernières années. A l’image de la mondialisation, nous vivons l’expansion et l’harmonisation des liens d’interdépendance entre les différentes structures manipulant de l’information géographique. La directive européenneINSPIRE accélère ce mouvement amorcé il y a quelques années à travers les conventions de partenariat d’échanges de données géographiques. Aujourd’hui, le risque encouru par un organisme est de se laisser déborder par cette masse d’informations.

Le défi des gestionnaires de données dans cet environnement de libre circulation consiste à rendre la donnée visible et accessible, à la valoriser. Les deux piliers de cette nouvelle forme de gestion sont le catalogage et la documentation.

Pour un utilisateur, le catalogue doit être l’image du patrimoine des données auxquelles il a accès. En théorie, un catalogue recense les données de différents formats (fichiers, bases de données, services web), les données de son SIG et celles de ses partenaires, ainsi que les données publiques, libres d’accès (Open Data notamment) : en bref, toutes les données disponibles sur un territoire. C’est une condition nécessaire en interne, pour une exploitation optimale de son patrimoine, mais aussi en externe, pour favoriser les échanges, réduire les coûts et définir les règles d’une gouvernance des données qui, pour un territoire, prend tout son sens. En pratique, les difficultés sont nombreuses. La technologie doit être au service des gestionnaires de données et non l’inverse. Les administrateurs de données géographiques (gestionnaires de bases de données) ont un rôle de plus en plus important dans ce contexte de libre circulation de l’information. L’élaboration d’un catalogue exhaustif, à jour et documenté est un vrai défi pour les prochaines années.

Repenser le catalogue pour en faire un véritable outil de gestion SIG

Cependant, le catalogue ne serait rien sans une documentation des données : les métadonnées. Un responsable d’études n’aura pas le même regard sur une donnée géographique que le géomaticien, l’administrateur des données ou le partenaire externe. Certes, les normes appliquées à la documentation des données géographiques ont un rôle utile dans la circulation et le partage d’informations, mais il est important de rappeler que les normes ont avant tout un objectif d’interopérabilité.

Toutefois, un catalogue de données géographiques exhaustif, à jour et documenté n’est pas une fin en soi. Une étude réalisée par la société Isogeo montre qu’un organisme dispose en moyenne de 200 à 1 000 couches d’informations géographiques, sans compter les documents associés, études, cartes et spécifications. Cataloguer l’ensemble de ces données est essentiel, mais contre-productif si le catalogue est inexploité.

Le catalogue doit être la porte d’entrée d’une série de services complémentaires : d’une part pour le catalogue lui-même (tri, partage, interogration, etc.) et d’autre part pour les données associées à chacune des fiches de métadonnées (visualisation, extraction, etc.). Couplé à des services intelligents, dans les mains de l’administrateur de données SIG, le catalogue devient un véritable outil de gestion qui permet de mesurer, vérifier, planifier et piloter son SIG.