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Par Mathieu Becker, gérant-fondateur d’Isogeo, membre du conseil d’administration de l’Afigeo (pôle Entreprises-Industries) et Hervé Halbout, Consultant expert SIG et 3D (Halbout Consultants) Dans l’article précédent nous abordions l’idée d’un « catalogage de données SIG exhaustif, à jour et documenté ». Dans celui-ci, nous avons choisi de mettre l’accent sur une catégorie souvent évoquée dans l’Information Géographique et dont le degré de satisfaction semble assez limité : celle des usagers.

Il faut bien reconnaitre qu’à ce jour, les impressions premières qui semblent émerger du catalogage sont assez mitigées :

  • Pour les producteurs et administrateurs de données :
    • Les outils sont peu conviviaux.
    • La complétion des infos est longue et fastidieuse.
    • Le catalogue n’est ni exhaustif, ni à jour (cf. article précédent).
  • Pour les usagers potentiels :
    • Les usages ne sont pas clairs.
    • Les métadonnées s’adressent aux « machines » (normes) et non à l’usager.
    • Les outils actuels semblent anciens à l’ère du Web 2.0.
    • Les moteurs de recherche ne donnent pas satisfaction.

Nous retrouvons là quelques uns des aspects qui ont stigmatisé les SIG pendant plusieurs années, ce qui a donné, à tort, la perception que la cartographie numérique était une affaire de spécialistes.

L’arrivée de Google Maps a balayé ces a priori. Nous n’en sommes pas encore là pour le catalogage des données et leur documentation. Car, au final, il s’agit bien d’une question de connaissance et de partage de celle-ci. Il est beaucoup question depuis 3 à 4 ans de mutualisation et de partage des données géographiques. Les plates-formes d’échanges et autres IDG sont là pour le prouver. Et le catalogage vient en complément technique de ces démarches (INSPIRE oblige, bien sûr).

Nous pensons qu’il y a eu une erreur de casting et que la charrue a été mise à l’envers : c’est à partir de l’inventaire exhaustif que l’on devrait partager tout ou partie de ses données, au sein d’un catalogue commun aux acteurs d’une même communauté territoriale. Ce n’est qu’ensuite que vient la plate-forme de partage et d’échange. Le grand oublié dans cette histoire est l’usager. En effet, s’il est aujourd’hui aussi difficile de construire un catalogage de données, c’est dû en partie aux outils existants qui, tout en faisant un certain travail, restent complexes, mais surtout à l’approche usages peu développée.

Alors, comment intéresser les usagers au catalogage de données et aux métadonnées ? Peut-être simplement :

  • En leur expliquant que la connaissance des données géographiques existantes sur un territoire leur apportera une véritable connaissance de leur territoire et donc une maîtrise potentielle des enjeux d’aménagements de celui-ci.
  • En leur proposant un marché « gagnant-gagnant » : une participation en tant qu’usagers permettra au catalogage d’être (re)connu, de s’enrichir et de rester à jour, donc vivant.
  • En leur offrant une interface d’accès conviviale, simple, avec un moteur de recherche performant (comme Google, Bing, …) qui leur donnera envie de s’en servir et de l’enrichir.
  • En leur expliquant que ce travail apportera une vraie valeur ajoutée à toutes les productions cartographiques de leur territoire.

Et ces « usagers », qui sont-ils ?

Ce sont tous ceux qui, sur un territoire donné, ont besoin de connaissances sur les données géographiques pour mener à bien les travaux qui leurs sont confiés. Ils sont aussi bien dans la sphère publique que privée. Ils ne sont pas nécessairement des spécialistes du SIG, mais des utilisateurs plus ou moins avertis qui (re)cherchent de l’information pour comprendre leur territoire. La connaissance d’un existant en données géographiques, avec une traçabilité des productions (métadonnées) amènerait sans doute la possibilité d’échanger et de partager.

Le catalogage n’est pas une fin en soi, mais c’est lui qui amorcera la démarche de partage, d’échange … et l’envie de le faire. Sans cette envie, les plates-formes actuelles ne resteront peut-être que des outils techniques, respectant des normes, certes, mais utilisés seulement par quelques initiés. Dans les prochains articles, nous présenterons notre vision sur les IDG et l’open (geo)data.