Blog Isogeo


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14
Dec
2021

Quel avenir pour les Géomaticiens ?

Mathieu Becker

Avenir des géomaticiens clavier monde données

Cet article est tiré du livre blanc de Mathieu Becker (Isogeo) et Hervé Halbout intitulé "La gouvernance des données géographiques", disponible gratuitement via ce lien.

 

Si les géomaticiens produisent assez peu de données, ils n’en restent pas moins d’excellents ambassadeurs de celles-ci.

Leur rôle dans le catalogage global de données est par ailleurs majeur : ils ont développé un véritable savoir-faire en ce qui concerne la gestion et l'interopérabilité des données géographiques.

Aujourd’hui, le “géomaticien” est ancré dans le paysage des organisations publiques et privées bien qu’il fonctionne encore trop souvent en silo.

Cependant, l’arrivée de nouvelles compétences autour de la data (au sens global) pourrait rapidement dépasser ces professionnels des données SIG s’ils ne prennent pas conscience de l’inexorable évolution de leur métier.

 

La nécessité “d’ouvrir” le métier de géomaticien

 

LA NÉCESSITÉ “D’OUVRIR” LE MÉTIER DE GÉOMATICIEN

 

Aussi, l’importance de sortir d’un monde purement “géographique” est unanime parmi les professionnels que nous avons interviewés lors de la rédaction du livre blanc sur la gouvernance des données géographiques.

Jérémie Ory (responsable SIG du département du Calvados) précise en effet qu'il “devient nécessaire de sortir du domaine de la donnée géographique, pour aller parler, échanger, travailler avec des domaines métiers fondamentalement différents et tout autant producteurs de données. Si les géomaticiens n’évoluent pas en ouverture (culture métier) et en pratiques, le travail autour la data se fera… sans eux”.

Anne-Yvonne Guégan (cheffe du service SIG de Manche Numérique) relève également que “les géomaticiens risquent de se retrouver “cachés” dans une gestion globale de la donnée d’une organisation, d’où la nécessité de disposer par exemple d’un catalogue pour présenter et promouvoir la donnée géographique”. 

 

Une expertise SIG à intégrer à de nombreux projets de Data management globaux

 

Une expertise SIG à intégrer à de nombreux projets de Data management globaux

 

Il nous semble ainsi judicieux pour les géomaticiens de prendre part aux projets de data management globaux qui devraient se généraliser dans les années à venir, à l’instar de ceux concernant le catalogage global des données.

Les thématiques sur lesquelles ils pourraient apporter leur expertise en termes de données géographiques sont multiples : RGPD, cybersécurité...

Cathy Bourgois (cheffe du Service SIG de la ville de Rueil-Malmaison) ajoute que “d’autres sujets arrivent et vont concerner/intéresser les géomaticiens : le BIM, les données de capteurs, le Big Data, etc., autant de sujets autour de la donnée, sur lesquels ils peuvent venir en accompagnement des autres producteurs. Ils peuvent ainsi devenir des ambassadeurs de la donnée dans les collectivités, pour montrer tout le potentiel et la valeur de celle-ci”. 

 

La qualité des données géographiques

 

La qualité des données géographiques

 

En outre, la qualité des données est également un thème largement mis en avant lors de nos interviews.

Marion Daniel (responsable SIG de la Principauté de Monaco) précise par exemple que “les géomaticiens se font challenger sur la qualité de leurs données par des utilisateurs externes. Ils vont se faire préempter leurs données (y compris la propriété intellectuelle), s’ils ne suivent pas la tendance actuelle”.

Au final, les années à venir seront décisives pour le rôle que le géomaticien sera amené à jouer au sein des organismes publics comme privés.

Si le géomaticien parvient à s’adapter à un environnement de plus en plus “data driven” où les compétences en termes de gestion des données globales seront essentielles, s’il parvient à sortir de son silo pour communiquer et travailler avec d’autres producteurs de données et s’il parvient à faire valoir son expertise sur les données géographiques dans le cadre de projets plus transverses, alors son métier pourra perdurer… ou plutôt, évoluer.

Dans le cas contraire, il est probable de penser que la place déjà restreinte qu’occupe le géomaticien au sein de son organisme ne fera que diminuer.