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21
Dec
2021

La directive INSPIRE, simple contrainte réglementaire ou réelle opportunité pour les SIG ?

Emma Pinon

Blog Isogeo directive INSPIRE réglementation

Cet article est tiré des écrits de Mathieu Becker (Isogeo) et Hervé Halbout (Halbout Consultants) dans le livre blanc « La gouvernance des données géographiques », disponible gratuitement via ce lien.

 

La directive INSPIRE a longtemps été perçue comme une contrainte réglementaire de plus en France, comme une obligation entraînant un surcroît de travail pour les géomaticiens qui devaient s’atteler à la tâche difficile et rébarbative de recenser et de documenter l’ensemble de leurs données.

Pourtant, la mise en place de la directive européenne INSPIRE a été une véritable opportunité grâce à la démocratisation du processus de catalogage de données géographiques qu’elle a entraînée...

 

Qu’est ce que la directive INSPIRE ?

 

Élaborée par la Direction générale de l’environnement de la Commission européenne, la directive INSPIRE « vise à établir en Europe une infrastructure de données géographiques pour assurer l’interopérabilité entre bases de données et faciliter la diffusion, la disponibilité, l’utilisation et la réutilisation de l’information géographique en Europe » (source).

On appelle infrastructure d’information géographique « un ensemble de services d’information disponibles sur Internet, répartis sur les sites web des différents acteurs concernés, et permettant la diffusion et le partage d’informations géographiques, c’est-à-dire de cartes interactives et des données associées » (source).

Aussi, la directive INSPIRE impose aux autorités publiques de rendre leurs données environnementales géographiques accessibles au public (via la publication en ligne de ces données et de leurs métadonnées), mais aussi de les partager entre elles.

Dans cette optique, le catalogage des métadonnées géographiques a été fortement encouragé.

 

La directive européenne INSPIRE et le catalogage des données géographiques

 

Bien connaître son patrimoine de données signifie disposer d’un inventaire de celles-ci : sans inventaire, il est difficile de se rendre compte de la quantité et de la qualité des données dont dispose un organisme.

Cet inventaire est ensuite susceptible d’alimenter un catalogage de métadonnées opérationnel, partageable et publiable… qui permettra à son tour de développer les usages autour de ces données et donc de mieux les valoriser. 

Schéma inventaire valorisation

Cependant, les responsables SIG n’ont généralement pas été formés à la valorisation de leur patrimoine de données géographiques, et ne se rendent pas compte des enjeux stratégiques liés au processus de catalogage. 

Dans ce contexte, INSPIRE a permis, contre vents et marées, une prise de conscience quant à l'intérêt fort pour la connaissance, la qualification, le partage des données géographiques. 

INSPIRE est en effet un moyen d’avancer, de structurer ses informations, de les rendre disponibles en s’appuyant sur des règles identifiées et normalisées. Il s'agit également de la première marche qui permet d’alimenter intelligemment l’open data en préparant les données à “s'ouvrir”. 

Autrement dit, grâce à la “démocratisation” du processus de catalogage qu'elle implique, la mise en place de la directive INSPIRE a permis aux organismes de s’ouvrir à la gouvernance des données SIG et à la valorisation de leurs patrimoines.

Toutefois, la complexité technique de l’application d’INSPIRE a peut-être été un peu trop élaborée... poussant les responsables SIG à “cataloguer pour cataloguer” en perdant de vue les bénéfices que le catalogage peut apporter en termes de gestion et de valorisation des patrimoines de données géographiques.

Cataloguer ne devrait en effet pas être une fin en soi, quelle que soit l’obligation réglementaire qui a poussé cette démarche.

 

La directive INSPIRE a-t-elle encore un avenir ? 

 

Aussi, le nombre de données existantes à inventorier est souvent tellement important et flou, que les géomaticiens s’inquiètent par avance du travail à réaliser pour une tâche devant être régulièrement renouvelée.

De plus, le retour sur investissement est souvent considéré comme proche de zéro, compte tenu de l’effort à fournir pour documenter (une partie de) ses données et de l’absence d’utilité en interne pour les géomaticiens. 

Il aurait fallu déterminer en aval des jalons, des objectifs à courts termes quantifiables permettant d’intéresser les producteurs de données en leur apportant la preuve d’un véritable retour sur investissement.

Le bénéfice potentiel à en retirer étant un peu vague, la mise en œuvre de la directive est restée limitée.

Chez Isogeo, nous pensons toutefois qu’il faut maintenir la démarche engagée, afin que les efforts qui ont déjà été consentis par les géomaticiens soient valorisés.

Il faudrait alors repenser les étapes de mise en application comme autant de jalons permettant de visualiser les bénéfices immédiats pouvant être valorisés auprès de l’organisation concernée.

En 2021, un virage radical a été pris en France par le Ministère de la transition écologique en réduisant le périmètre de la directive aux seules données “prioritaires et de référence” : cent fois moins de données, une meilleure accessibilité et une interopérabilité accrue ainsi que la reconnaissance par la Commission européenne de ce signe de maturité des IDG.

Premier pas du démantèlement d’un projet trop ambitieux ou simple recadrage de ses objectifs ? Il s'agit ici d'une réelle opportunité pour rebattre les cartes et donner un cap clair à tous ceux qui œuvrent au quotidien pour mettre en place une bonne gouvernance des données géographiques au niveau national et international.

 

Isogeo vous accompagne dans la mise en place de la directive INSPIRE

 

Depuis 2012, Isogeo s’investit au sein des instances nationales du CNIG et de l’Afigéo sur des sujets propres à la directive INSPIRE.

Pour aider les organismes dans la mise en place de ces obligations réglementaires, Isogeo a adapté sa solution de catalogage de données SIG pour y intégrer : 

  • Un validateur de métadonnées en ligne (vérification de la conformité des fiches vis à vis d’INSPIRE)
  • Des thèmes INSPIRE pour trier vos fiches de métadonnées et organiser des catalogues dédiés aux obligations réglementaires
  • Un serveur CSW et un serveur DCAT pour publier ses données dans les IDG (régionales et nationales) et dans data.gouv. 

L’équipe Isogeo forme et conseille également les organismes sur :

  • l’identification des données concernées par la directive ;
  • la sélection des informations clés pour la description et la recherche des données (titre, résumé, mots-clés, thème INSPIRE, licence, contact, services associés, etc.) ;

Mais au-delà de la quantité de données cataloguées et de leur conformité à la directive INSPIRE, Isogeo cherche surtout à développer les usages du catalogue de données SIG chez les porteurs de ces projets, afin qu’ils en tirent le plus de bénéfices possible (partage des catalogues, publication en ligne, consultation des fiches directement depuis QGIS, ArcGIS Pro, Web AppBuilder, communication dans un site dédié…). C’est là tout l’enjeu du Geodata management !